Emma

Je m’appelle Emma, je suis née en 2014, à l’âge de 33 ans. La trentaine déboulant avec ce sentiment que la routine d’un mode de vie conventionnel me pesait, je décidais de repartir de zéro,  en m’envolant vers le Pacifique. C’est alors que j’ai rencontré l’imprévu sur une route de Tahiti, Tom. Puis quelques jours plus tard, Karaka.

J’ai tout de suite adhéré à la philosophie du projet Karaka, ce fut évident. Depuis c’est ensemble, en couple, que nous travaillons à faire durer cette aventure.

La vie à bord demande des sacrifices et relève de l’entraide. Bien que nous soyons tous uniques, de par nos caractères et histoires de vie, nous avons tous besoin d’amour, de considération, d’objectifs de vie, de socialisation mais aussi de moments de solitude et d’introspection pour nous épanouir et vivre ensemble. Nous ne communiquons pas de la même façon et il faut du temps pour nous découvrir. Vivre 24/24h, 7/7j ensemble accélère le processus, avec les affinités comme les tensions. C’est l’aventure humaine. Elle est enrichissante et sans cesse différente, malgré les années et équipages qui se renouvellent.

Du point de vue technique, nous fonctionnons, Tom et moi, en binômes sur la maintenance du bateau. Tom manage les projets quand il s’agit des travaux du type soudure, gréement et mécanique. De mon côté je suis autonome sur tout ce qui concerne la réfection et protection de l’acier. Je répare et aménage les espaces de vie, l’électricité (on a un vrai atelier à bord et une génératrice dédiée !). Je m’occupe également de la réparation des voiles. Il arrive d’en retailler pour Karaka comme d’en confectionner pour la pirogue.
Plus on a de savoir-faire plus on gagne en liberté.

Avec Tom nous avons réalisé deux gros chantiers de Karaka (10 mois en 2017 & 9 mois en 2024).
Chaque chantier est intense, nous travaillons tous les jours du matin au soir, avec parfois quelques jours de repos le week-end. Quand nous ne sommes plus en chantier, nous continuons de réparer et entretenir le bateau mais nous pouvons de nouveau naviguer et embarquer des voyageurs (équipiers). Il nous arrive de naviguer à nous 2 mais c’est plus sympa à plusieurs.

En navigation, pour faire simple, Tom tient le rôle de capitaine à la barre. De mon côté je vais à la manœuvre sur le pont et j’explique aux nouveaux équipiers comment procéder. Vous n’avez pas besoin de savoir naviguer pour venir sur Karaka, vous apprendrez pas à pas. Les équipiers expérimentés peuvent aussi former les arrivants. Tout le monde progresse ainsi.
Le bateau est très simple. Nous n’avons pas de guindeau ni de winch électriques.

Dans le quotidien, je m’occupe également de l’intendance : accueil des équipiers, respect de certaines règles de vie du bord (à faire et ne pas faire), gestion des courses et des dépenses communes, etc …

J’aime beaucoup cuisiner depuis toujours, de manière intuitive et créative. Sur Karaka nous n’avons pas de frigo, et désormais plus de four et ça fonctionne très bien ainsi. Nous changeons sans cesse de pays, de continent, et ma cuisine s’est adaptée à notre mode de vie. Elle fusionne, et est sans cesse réadaptée en fonction des ingrédients du marché, de l’inspiration et des moyens de conservation et de cuisson que j’ai en ma possession. J’ai ainsi plein de façons de cuisiner avec juste les moyens du bord, c’est assez challengeant, j’adore ça. Fermentations, séchage, fromages, pain au wok …
Si le lieu et la météo le permettent, nous allons pêcher au fusil harpon.
Parfois il m’arrive de relever l’empreinte des poissons que l’on mange : je pratique l’art du gyotaku depuis 2020.

A bord, du côté de notre cabine, j’ai transformé un ancien cabinet de toilette en mon atelier, où je peux dessiner, peindre, bricoler, imprimer/graver (linogravure, block print, gellyplate, cyanotype…). Je suis pluridisciplinaire et mes activités dépendent des périodes. J’ai en général besoin de temps et de calme, de solitude pour pouvoir créer, et mon atelier est ce petit refuge bien planqué ! 

 Côté son, j’adore les soirées d’improvisation musicale mais j’ai dû travailler beaucoup mon oreille ces dernières années pour arriver à entendre rythmes et instruments. J’ai progressé et il m’arrive désormais de chanter en jouant de la guitare. Tout pareil, j’ai mes périodes… Ca va, ça vient.

Voilà donc un aperçu de qui je suis et mon implication sur Karaka !

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