Emma

Emma

Je suis Emma, née en Normandie en 1981.

J’ai grandi proche de la nature, entre les moutons et les vaches, les têtards et les hirondelles. Mes loisirs étaient le dessin, le vélo, les cabanes dans les arbres, etc… regarder la TV n’a jamais été mon truc. Je rêvais d’intégrer une école d’art et j’avais envie de découvrir le monde, de voyager et de vivre de bohême.

Finalement, au départ, ça c’est pas vraiment passé comme ça. De 19 à 32 ans, je vis sur Paris je travaille principalement dans la gestion de projets liés aux bases de données et dans le développement d’applications métiers. Tout ça, sur Panam et sa banlieue, dans l’univers du marketing et de la grande distribution. J’apprends beaucoup en autodidacte, surtout en informatique. L’univers commercial pour lequel je travaille est aux antipodes de ma façon de penser, et finalement je trouve dans la programmation informatique un côté créatif et stimulant. Ça me permet de m’évader d’une certaine façon, mais je ne m’épanouis pas. 

En 2010, je réalise sur plusieurs mois un bilan de compétences avec la Chambre de Commerce de Paris, ce qui me renvoie à l’école pour 1 an avec l’obtention d’un diplôme de Développeur web multimédia. J’avais envisagé au départ de me réorienter vers l’artisanat (art de la laque) mais les chances d’obtenir un financement dans ce domaine étaient quasi inexistantes et je n’avais pas les moyens de me l’autofinancer.

En 2013, c’est le clash. La fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase, le burn-out. Paris, la banlieue, les heures perdues dans les transports, le manque de sommeil, le désintérêt dans ce que je fais, j’évolue dans un monde avec des valeurs que je n’approuve pas, qui sont à l’opposé des miennes… J’en arrive même au stade de boycotter les produits de l’entreprise pour laquelle je bosse. J’ai l’impression de perdre mon temps, de ne pas vivre et de voir le monde autour de moi devenir fou.

… Alors je décide de tout quitter pour repartir de zéro…

Et c’est alors que tout va changer.

Sans savoir ce que je vais faire précisément, je décide de répondre à l’invitation de mon frère à Bora Bora, en Polynésie Française. Il y vit sur son bateau depuis 6 mois et ça a l’air d’être le paradis, d’ailleurs à l’époque je n’arrive pas à croire à ce que je suis en train de faire. Je pensais que c’était le genre de choses réservées aux autres, aux gens que l’on voit dans les reportages. Je n’avais jamais mis les pieds sur un voilier et mettre la tête sous l’eau pour plonger à plus de 5 mètres était de l’ordre de la prouesse…

Je reste presque 3 mois entre Bora Bora & Raiatea, à nager et à plonger tous les jours, à visiter et reconnaître les poissons de chaque patate de corail, à observer les raies, les requins, etc… C’est magique. Etre loin du monde civilisé et médiatique aide à faire également le point sur l’état des choses, à se reposer et réfléchir sans interférence.

Alors qu’il ne me reste qu’un mois avant ma date retour (j’avais pris un billet A/R), je décide d’aller visiter Moorea et Tahiti… Je vais en auberge de jeunesse, et bien que ce soit en bord de plage dans un cadre idyllique, la vie à bord me manque. J’ai choppé le virus…

Un jour de décembre 2014, je loue une voiture à Tahiti avec d’autres backpackers, je prends un auto-stoppeur, Tom, pour l’amener à son bateau.

1 semaine plus tard, j’embarque sur Karaka, et mon billet retour lui, la poubelle.

Et voilà ! Depuis ma vie a totalement changé du tout au tout.

Je vis au rythme de la nature et des saisons, du soleil, même si parfois le chat me réveille trop tôt (grrr).

On est loin des médias, des supermarchés, de la surconsommation et du stress des villes.

Sur Karaka on crée, on bricole, on bouge, on fait la fête…on vit.

Parfois c’est tendu car un bateau c’est beaucoup de maintenance, et l’on est tributaire de la météo et de l’air marin qui détruit pas mal. Mais ça en vaut tellement la peine !

Je pense que nous avons besoin des uns et des autres, nous sommes tous des exemples de quelque chose, et c’est en découvrant et rencontrant des personnes différentes que parfois l’on va pouvoir se dire « ok, ça, ça me correspond », ou « ça, je tenterai bien pour voir », « si il l’a fait, alors moi aussi je peux », etc.

Je suis depuis heureuse et épanouie, et c’est un plaisir d’accueillir et de faire découvrir notre mode de vie à de nouveaux candidats au vagabondage des mers et océans !